Nosema ceranae

Après les frelons et le varroa, c’est un parasite beaucoup plus petit qui est mis en cause dans la disparition des abeilles : le protozoaire noséma ceranae venu lui aussi d’Asie par des chemins inconnus.

Le noséma ceranae est un protozoaire (=être unicellulaire) qui s’attaque aux cellules épithéliales de l’intestin de l’abeille. Apparemment il ne s’attaque qu’aux colonies déjà affaiblies par une mauvaise alimentation, des conditions climatiques défavorables, le déplacement de colonies d’un lieu à l’autre, … le noséma ceranae est une microsporidie qui, une fois ingérée par l’abeille, entre dans les cellules épithéliales de l’intestin et s’y reproduit par mitose, créant des spores qui vont à leur tour se multiplier dans une autre cellule et la détruire, et ainsi de suite jusqu’à détruire presqu’entièrement la paroi intestinale de l’insecte.

 

 

 

 

 

 

Les cellules ainsi détruites ne peuvent plus produire une enzyme qui sert à catalyser l’hydrolyse des aliments en nutriments qui peuvent alors passer dans l’hémolymphe (le « sang ») de l’abeille. L’abeille se voit donc avoir des carences en protéines et une mauvaise digestion qui entraînent une perte d’énergie et une dysenterie (diarrhée). En conséquence de cette perte d’énergie, l’abeille mange plus, puisant dans les réserves destinées aux autres abeilles ou au couvain, ce qui affaiblit la ruche.

Contamination :

La contamination se fait par le pollen et les déjections des abeilles déjà infestées. Lorsque les abeilles forment une pelote, elles collent les grains de pollen avec le miel ou le nectar contenu dans leur jabot qui peut contenir des spores de noséma ceranae (lorsqu’elles sont infectées). Si une autre abeille vient à en consommer une, les spores de noséma ceranae arrivent dans son intestin et elle est contaminée. Les déjections d’abeilles sont aussi un intermédiaire de contamination car l’abeille contaminée étant prise de dysenterie se voit parfois déféquer dans la ruche. Là, les spores de noséma ceranae, qui sont résistant au chaud comme au froid et pourvus d’une enveloppe qui les protège, peuvent survivre jusqu’à 1 an et voire plus dans les excréments et, si une autre abeille les mange (ce qui arrive), elle est elle aussi contaminée.

La contamination se fait aussi par le biais des abeilles mortes dans lesquelles les spores de noséma ceranae restent en vie 5 à 6 semaines et peuvent donc jusque là contaminer d’autre abeilles.

L’hiver est la meilleure saison pour infester la ruche : les abeilles y font leurs besoins (elles ne sortent que rarement) et mangent les réserves (dont certaines contiennent des spores de noséma ceranae), et les abeilles mortes se trouvent dans la ruche ; il y a donc plus de chance pour une abeille saine d’être contaminée.

Effets sur la ruche :

De par leur nombre qui diminue, les abeilles ne sont plus assez nombreuses pour s’occuper du couvain : les butineuses (moins nombreuses et plus fatiguées) ramènent moins de nourriture, donc le couvain est moins bien nourrit et donne naissance à moins de butineuses, qui ramènent moins de nourriture, etc.

Si la reine est touchée par noséma ceranae, elle peut devenir stérile ou pondre des œufs de mauvaise qualité (si les ovaires sont abîmés) ou mourir elle aussi. Dans ce cas, il y a deux issues :

·         Si la saison est propice et qu’il reste assez de nourriture pour élever une reine, la ruche se dépêche d’élever une autre reine et la colonie a un sursis ;

·         Si la saison n’est pas propice ou qu’il ne reste pas assez de nourriture, la ruche est orpheline et s’effondre.

Les jeunes abeilles : les jeunes abeilles ont un épithélium qui peut se régénérer, elles sont donc moins touchées par noséma ceranae.

Effets indirects :

Noséma ceranae s’attaque aussi aux cellules macrophages des abeilles (de la même façon que pour les cellules épithéliales de l’intestin). Sans paroi intestinale et sans défense immunitaire, les abeilles sont plus vulnérables aux autres maladies et virus qui, sans obstacle à leur prolifération, peuvent « aider » noséma ceranae à tuer les abeilles.

 

Donc, les abeilles contaminées par noséma ceranae meurent d’affaiblissement (loin de la ruche, ce qui fait qu’on retrouve peu de corps) et de dysenterie. Elles peuvent aussi mourir de maladies qui profitent de leur faiblesse pour les « achever », mais elles sont également plus vulnérables aux effets des pesticides, ce que soupçonne le chercheur Joe Cummins qui, après des expériences sur la pyrale du maïs (chenille parasite dévorant les épis de maïs), a décrété que les insectes infectés par nosema ceranae sont plus sensibles aux effets des insecticides. Ce qui nous amène à parler des inventions de l'Homme et de leurs effets sur les abeilles.

 

Il existe (connu depuis plus longtemps), une autre microsporidie inoffensive pour l'apis mellifera : le nosema apis, il s'attaque également aux cellules épithéliales de l'intestin mais est moins virulent et « disparaît » en été. Les deux espèces sont très proches et ne peuvent se différencier que par l’étude de leur génome.

 

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site